(je commence par remercier Samy pour le titre de l’article, l’idée est de lui, et par m‘excuser auprès de mes lecteurs, car il m‘est réellement difficile de
poster en ce moment)
Jeudi 4 Octobre, la fédération de Loire-Atlantique du MJS a tenu son Assemblée Générale d’amendements. Comme je n’avait pas pu assisté à celle du MJS49, j’ai
été la voir (et puis je voudrais pas que mes camarades nantais s’imaginent que je ne viens chez eu que pour -mal- défendre les contributions de ma tendance. Et en plus, ça me permet de trasher un
peu le TO au passage, et ça , ça ne se refuse pas).
Donc en arrivant, je me suis fait bien accueillir, parfois gentiment chambrer, notamment par un militant qui s’imaginait que j’étais l’œil de Moscou en 44
(vu SD, je ne pense pas que l‘image soit tellement appropriée mais bon…). Je comment à connaître un peu la configuration politique de la fédération, ce qui sert toujours,notamment a évité de dire
des conneries à n‘importe qui. J’ai été très déçu d’apprendre que le camarade Thibault Desmazure a été désigné par le collectif fédéral (si j’ai bien suivi) pour s’occuper du poste de trésorier
de la fédération. Non pas pour le camarade, qui à l’air de trancher sur la médiocratie de son groupe (il reconnaît que le majo est nid d’opportunistes, c’est d’une lucidité incontestable, même
s’ils n’y sont pas tous…), mais pour l’absence de sectarisme qu’elle dénote. Il parait même qu’un responsable de groupe sera SD lors du renouvellement. Tout fout l’camp…
L’AG a commencé en retard, comme le veut la tradition socialiste. Je dois dire que quand j’ai vu arrivé le paquet des amendements, j’ai su que ma nuit été
foutue. 74 amendements, d’un intérêts dirons-nous inégal. C’est vrai que le dilemme est réel : comment amender ce texte pour en faire un quelque chose d’intelligible et (rêvons un peu)
d’intelligent. Je crois que le problème s’est posé à tous les minoritaires, et même à un certains nombres de tagistes. Faut-il préciser que personne n’a trouver de réponse satisfaisante ? La
plupart des minos se sont contenter d’apporter des amendements " identitaires" , et de déposer des résolutions…
Les premiers amendements ont été votés avec une majorité à faire pâlir d’envie le BN à cette légère particularité qu’il n’y avait pas là de consigne de
vote…Dès l’amendements n°3 s’est engagé un débat assez hallucinant d’inintérêt pour savoir si dans l’expression « prisonnier du quotidien », il ne valait pas mieux remplacer otage par
prisonnier…il a bien fallut 5 minutes de débat pour venir à bout de cette question passionnante, et qui marquerait de toute évidence une inflexion profonde dans la ligne de conduite de notre
mouvement…
Bon je charrie, mais les amendements déposés étaient loin d’être tous du même tabac. Certains relevaient de l’hygiène politique comme cet amendement de
remplacement du passage la majorité nationale du MJS inventait ce brillant concept qui fera date dans l’histoire de la bêtise humaine : la lutte des âges, en remplacement de la lutte des classes.
On les savaient ambitieux au point de rayer le parquet avec leurs dents, mais à ce point là…enfin bref, un amendement a été voté, faisant preuve d’un minimum d’intelligence dans touts les sens du
terme) de la question.
De même le remplacement sur du paragraphe sur le capitalisme financier par un autre qui montrait au moins que la personne qui l’écrivait avait de vague
notion d’économie et d’histoire ( parce que la financiarisation de l’économie, c’est tellement neuf qu’aucun membre du MJS n’était né quand elle a débuté, et que Marx l’avait déjà prévue…mais il
est vrai que la majo n’a pas lu Marx,ni quoi que ce soit d’ailleurs…)
En revanche l’amendements sur la construction de nouveaux « leviers d’actions » idée identitaires chez les JSR et intéressante sur le fond a donné
lieu à une sortie un peu grotesque sur l’Europe « ultralibérale », terme qui dénote un sens de la mauvaise foi digne du mien, une absence de connaissance du travail européen où une
totale mauvaise fois (choisissez).
L’amendement sur les nouvelles technologies destiné a remplacer le dégueulis verbal du TO a heureusement été voté, malgré la tentative assez…vaine, du
camarade Clément (TàG), si ma mémoire est bonne, de défendre un paragraphe qu’il jugeait « clair et concis » (sic) et qui, disait-il, faisait allusion aux nanotechnologies, qui
sont pour lui dangereuses par essences, quels que soient les manières de les contrôler. Moi qui n’y connaît rien (même si j’avoue quelques doutes), je ne vais pas argumenter là-dessus. En
revanche, sur l’allusion…moi je veux bien, c’est sympas les allusions. Très fun. Je propose même qu’on écrive le TO en vers latins, genre chanson de geste, ça me parait être une manière efficace
de remédier au manque de clarté qu’on nous a reproché. Ou alors on pourrait mettre le programme en rébus, et on ferait deviner aux électeurs…Toi tu crois que les mecs ils étaient sous ecta et
qu’ils se sont tapés un bad trip sur la décroissance, le retour à une vie pure et naturelle, mais pas du tout, c’est une allusion au nanotechnologies !
En revanche l’amendement qui visait à dire que la gauche devait incarné l’émancipation par le travail, l’éducation, etc. Perso, l’émancipation par le
travail, ça m’évoque toujours le « Arbeit macht frei » qui ornait le portail d’entrée d’Auschwitz. Il est des mots qui apparaissent mal choisis, mais il faut bien justifier le
choix de Ségolène Royal à la primaire.
Bon on a eu droit à des amendements sur la VIeme République, c’est tellement étonnant dans une fédé montebourgeoise…je m’en plaint pas n’ayant jamais compris
l’attachement de certains de mes camarades SD au présidentialisme…
Un amendement beaucoup, rejeté car beaucoup trop long sur l’informatique et les logiciels libres a néanmoins permis l’intervention du même camarade Clément,
si ma mémoire est toujours bonne( et, vu ce que j’avais dormi depuis une semaine, je vous assure que ce n’est pas le cas) puisqu’au terme d’un exposé un peu embrouillé a fini par
une grande envolée populiste en concluant (j’avoue ne pas avoir bien suivi les déroulements de sa pensée) que cette amendements n’était pas égalitaire, car tout le monde n’avait pas les moyens
d’avoir un ordi, et qu’il y avait même des petits enfants en Afrique qui mourraient de faim. En réponse de quoi le camarade Benjamin Baudry (délégué CCR) s’est mis à taper sur la table en
scandant « démagogie, démagogie ! »
Je passe sur un amendement qui partait d’une bonne idée (réaffirmer le devoir de respect de la part des élus des décisions de leurs camarades), mais écrit
dans un style suranné délicieusement SFIO : « L’appareil ne peut remplir sa fonction de transformation sociale qu’autant qu’il demeure un instrument au service du parti c’est-à-dire
subordonné à une idée et contrôlé par les masses. » j’aurai dit porteur d’une ambition révolutionnaire et contrôlé par le prolétariat, moi tant qu’à faire.
Et puis il y a eu mon amendement favori (et qui explique le titre), qui visait à remplacer ce bel exercice de langue de bois : « ni plus à gauche, ni
moins à gauche, mais mieux à gauche » par la formule suivante : « La gauche doit être aussi fidèle aux salariés que la droite l’est avec le patronat. »
Que voulez vous faire de ça ? Le salariat est-il une classe homogène ? Y-a-t-il ne serait-ce qu’un rapport de condition entre une caissière de supermarché à
temps partiel subi et un membre du conseil d’administration de son entreprise, sous prétexte qu’il sont également salariés. Peut on penser de la même façon les salariés du privé et du public,
ceux travaillant en zone urbaine et ceux travaillant en zone rurale, les salariés de TPE-PME et ceux des firmes multinationales ? A la rigueur le camarade de FMDS (Filoche) qui présentait cet
amendement aurait écrit « les classes populaires » j’aurai été en désaccord (à l’instar mes camarades de Convergences Réformistes, je pense que nous ne nous battons pas pour une partie
de la population, fut elle majoritaire, contre une autre, mais bien pour un projet de société) et j’aurai trouvé ça creux, mais là c’était limite idiot. Ce genre de précision est du même niveau
que celle qui veux qu’on réaffirme toutes les 30 secondes « notre action s’inscrit dans le cadre de l’économie de marché », c’est-à-dire inutile, verbeuse et enfonceuse de porte
ouverte. J’ai hésité à me lever et à dire qu’en tant que représentant de la minorité droitière, social-traître et valet du Capital, j’étais pour que nous affirmions nous aussi notre fidélité
envers le patronat, notre prise de partie assumée pour une fraction riche et dominatrice.
Bon après une -courte mais bienvenue- pause, la discussion a repris, et j’était désormais invité à prendre part aux votes, mais non aux discussions,
puisqu’il était désormais entendu qu’ils n’y en aurait plus, afin d’économiser du temps…il est vrai qu’il était 23H00 passée…
C’est ainsi que fut rejeté le seul amendement parlant de politique économique, que furent votés les amendements de politique fiscale et de lutte contre le
blanchiment d’argent (qui devaient beaucoup je pense à Harry, membre d’Anticor, à laquelle il faudra que je pense à adhérer), les amendements sur la VIeme République, celui sur l’allocation
autonomie jeunesse (une seule voix contre, devinez laquelle ?), ceux sur la réforme des retraites (dans lequel rien n‘était expliqué sur la réforme des financements). L’amendement de suppression
sur les drogues fut aussi voté, heureusement…bref furent ainsi voté, ou pas, avec un nombre toujours croissant d’abstention, une série d’amendements qui auraient au moins mérités une franche
discussion, des modifications et des sous-amendements.
Mais je tiens à rassurer mes lecteurs non issus du MJS-PS, il ne fut jamais question de politique économique, de sécurité, d’immigration (sauf pour dire
qu’il faut intégrer les immigrés, mais sans que soit aborder la question tabou de la régulation des flux), ni de rien d’important d’ailleurs, puisque, comme l’a dit une camarade à la fin de l’AG,
« c ‘est sympa, on s’est regardé le nombril pendant 4h." Bof, en même temps, c’est le MJS, donc tout l monde s’en fout.