Pendant 102 ans, depuis le congrès du Globe qui vit la naissance de la SFIO-Parti Socialiste, " social-démocrate" au PS était l’insulte usuelle pour désigner
ceux que l’on soupçonnait de tiédeur à l’égard du socialisme, le stade préliminaire avant de sortir l’artillerie lourde, avec social-traître…
Marceau Pivert, Poperen, étaient de grand pourfendeur de la social-démocratie. Mais ni l’un ni l’autre n’eurent de complexe à être membre de la majorité
molletiste de la SFIO pourrissante…
Daniel Mayer, le candidat de Blum fut battu en 1946 pour avoir défendu l’idée de la mutation " travailliste" de la SFIO (et aussi pour avoir voulu épurer son
parti de tout les tièdes, voire collabos des années sombres). Il du céder sa place à Guy Mollet, qui défendit pendant 23 ans sa volonté d’" ancrer la SFIO plus à gauche" . Si on ne peut que
saluer cette volonté (qui existe encore, chez certains, voire d‘autres), on peut se demander en quoi l’alliance avec le MRP aidait réellement à cet ancrage.
Au Congrès d’Épinay, Claude Fuzier (ancien blumiste, est-ce un hasard ?) du ferrailler dur pour obtenir de la nouvelle majorité mitterrandienne qu’elle
accepte l’adhésion à l’Internationale Socialiste, qu’elle estimait « noyautée par les sociaux-démocrates ».
Au Congrès de Metz (1979), Laurent Fabius assassina Rocard d’une seul phrase, restée célèbre : « entre le plan et le marché, il y a le
socialisme. ». Outre que l’ancien patron du PSU du beaucoup apprécier cette leçon d’orthodoxie socialiste de la part d’un type qui aurait été giscardien si les centristes, lorsqu’il les
avaient rencontrés, ne lui avaient pas refusé l’investiture pour les législatives, on sentait commencer l’hypocrisie qui a longtemps parcouru le PS, ni social démocratie, ni communisme; ni
nationalisations, ni privatisations.
J’en passe beaucoup…pour atterrir aujourd’hui :
Déjà pendant la campagne d’investiture, le déconomètre avait commencé à s’affoler : Comme par exemple lorsque Arnaud Montebourg avait affirmé que Ségolène
Royal représent[ait] « la synthèse entre la première et la deuxième gauche ». Ces deux gauches, avait été définit comme il suit par Rocard : la première gauche « autoritaire,
étatiste et jacobine » et la deuxième « libertaire, autogestionnaire et décentralisatrice ». On sent l’objectivité d’une telle présentation. Quoiqu’il en soit, et
même si c’était dans l’air du temps de la campagne de Royal, qui disait rien (pas de faute de français, " dire rien" consiste à s’exprimer sans formuler aucune idée qui puisse accrocher la
contradiction), j’aimerai qu’on m’explique. Parce que dire que Royal pourrait être libertaire, ça risque de me décrocher la mâchoire à force d’en rire. Et puis comme c’est une synthèse, ça doit
plutôt être du libertarisme autoritaire, ou bien un autoritarisme libertaire…(vous le sentez se réveiller, le strauss-kahnien aigri ?)
Ce fut ensuite le CN du MJS (bah oui, on est pas obligé de parler que de chose sérieuses, on peut aussi déconner…) du 12 Mai 2007 où, parait il, les délégués
SDJ découvrir avec stupéfaction que les rocardiens représentaient non pas 15% du MJS (score du VIIeme Congrès, fausses cartes et bourrages d‘urnes inclus), mais 85% ! (Convergences Réformistes+
TàG) En effet, les tables des membre de la majo était couverte, parait il de bouquins de Rocard (ce qui ne veut pas dire qu’ils les aient lus, car quand on voit comment certains
s’expriment (non, je ne vise pas Anthony B.) je doute qu‘il sache lire).
Mais le choc (oui parce que le MJS n’est malgré tout représentatif que de lui-même, et encore, alors c‘est pas comme si on s‘en foutait, mais un
peu) fut d’entendre successivement Benoit Hamon et Henri Emmanuelli se présenter comme sociaux-démocrates à la Rochelle. Passe encore pour le premier, dont les dents sont tellement
longues qu‘il pourrait servir de laboureuse, et qui a bien compris qu’en étant passé par la " gauche" du parti, on se vend plus cher après. mais qu’Emmanuelli, ce vieux
guesdiste, mitterrandiste, ce fossoyeur de Rocard après 1994, légèrement condamné pour abus de bien sociaux, ai pu dire ça (ça du lui faire mal par là où c’est passé ) c’est une
petite révolution. Une petite, parce que la social démocratie, c’est comme tout, ça dépend de ce que vous mettez dedans : Quand les royalistes, et plus encore les TaGuistes parlent de social
démocratie, même avec toute la bonne volonté du monde, on sent bien qu’ils pédalent un peu, que ça a du mal à rentrer…Et puis malgré tout, il arrive qu’on puisse ressentir comme un brin
d’incrédulité face à ce volte face. Du coup, et malgré les divergences qui subsistent, on peut avoir plus de sympathie pour ceux qui au moins, assument leurs différences avec nous.
Ce n’est pas que l’auteur de cet article aurait aimé, ne serait-ce que pour les camarades de sa sensibilité qui en ont bavé avant lui, et aussi pour
satisfaire sa vanité d’avoir choisi le bon camp, que tout ceux qui autrefois bavèrent sur la social-démocratie reconnaissent que oui, ils ont eu tort, que oui, ils sont d’insignifiantes
petites crottes ridicules, que oui Michel Rocard est la réincarnation de Dieu sur terre, oui les rocardiens sont tous beaux, intelligents et ont un excellent sens stratégique, que non l’ouverture
en 1988 ne fut pas une erreur terrible, et que finalement Moscovici sera un très bon premier secrétaire et Strauss-Kahn un excellent président en 2012, mais si.
Un jour, je vous parlerais de l’échelle de la pureté des socialistes…