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  • : Blog d'un socialiste de l'Ouest
  • : Ce blog est né d'une envie toujours plus forte de participer à la refondation de la gauche, dans les débats, par le militantisme, l'engagement associatif et syndical, etc. Réaction, idée, contribution, coup de gueule (ça fait toujours du bien), il y aura de tout, et on verra bien quoi.
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Nous sommes le parti socialiste et notre objet est la transformation révolutionnaire de la structure sociale, c’est à dire du régime de la production et de la propriété. Nous travaillons à cette transformation dans l’intérêt de l’unité humaine, de l’individu, aussi bien que dansl’intérêt de la collectivité, parce que nous considérons ces deux intérêts comme entièrement solidaires. [...]
Nous pensons que cette transformation est révolutionnaire, même si elle est acquise par des moyens légaux et,  l’inverse, un soulèvement populaire victorieux qui n’aboutirait pas à la transformation sociale ne serait pas à nos yeux la révolution. Si nous luttons pour cette transformation[...]c’est parce qu’elle mettra un terme à une iniquité séculaire, parce qu’elle mettra fin à la lutte des classes, parce que, selon le mot de Jaurès, elle réconciliera l’humanité avec ellemême, parce qu’elle assurera à l’individu le libre jeu de sa vocation naturelle et le plein développement de sa personne. Nous croyons que la mutation révolutionnaire du système social a pour condition la conquête du pouvoir politique par les travailleurs organisés en partis de classe. La conquête du pouvoir n’est pas une fin en soi, mais la condition préalable et indispensable de la transformation révolutionnaire[...]

Léon Blum, discours à la tribune du XXXVIIIeme Congrès de la SFIO, 1946

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Lundi 24 septembre 2007

La Belgique vit depuis cents jours sans gouvernement. Les raisons de cette crise sont connus, l’opposition entre un quasi-séparatisme flamand et un fédéralisme wallon maintenue.

En Belgique, coté flamand, a poussé un nationalisme conservateur, étroit et frileux. Pendant un siècle et demi, la Flandre fut une province assez pauvre comparée à la Wallonie. Le flamand était une langue assez menacée, d’autant plus que les élites flamandes étaient relativement acculturées. Cela a engendré une violente réaction chauvine chez certains flamands, qui considèrent, maintenant que leur province a dépassé la Wallonie, que cette dernière est un boulet.

L’idée d’une nation flamande est risible. La culture flamande ne diverge de la culture wallonne que de par la langue. Seulement, il existe tellement de sous-dialectes en Flandre qu’on ne s’y comprend pas toujours, à quelques kilomètres de distance !

Alors pour l’unité linguistique, vous repasserez. De fait la nation flamande se définit essentiellement de manière négative, par rapport aux wallons…parce qu’entre flamands du Brabant, flamands anversois et flamands bruxellois…

Si par malheur les deux régions devaient se séparer, l’unité européenne déjà fragilisée par le coup d’arrêt du double non franco-néerlandais (deux pays qui, ironie, encadre la Belgique) serait menacé de mort par tous les nationalismes en sabot de bois que cette scission ferait resurgir (sans parler des polonais, des anglais, des tchèques etc.). Les dirigeants européens ne peuvent pas traiter cette affaires comme une histoire interne à la Belgique. Ils doivent intervenir en faveur du maintien de l’unité belge, et faire savoir qu’ils ne reconnaîtrait pas une Flandre qui proclamerait son indépendance.

A ceux qui objecterait que rien ne sert de faire cohabiter deux peuples qui ne se supporteraient plus, il sans doute nécessaire de rappeler quelques vérités historiques : que le Val d’Aoste ou la Guyane envisagèrent longtemps de se séparés de leur mères-patries respectives. Il faut savoir comme disait l’autre « laisser du temps au temps ».

Surtout en politique.

Le concept de nation a opéré un retour en force dans le corpus intellectuel des socialistes. Tout le monde a l’air de considérer que c’est une grande victoire. Soit.

Encore faut il s’entendre sur ce dont on parle : la Nation française, telle qu’on la considère à gauche en tout cas repose sur un concept abstrait d’adhésion aux idéaux de la Révolution, la Nation ayant surgit avec elle. Mais le concept de nation articule aussi deux autres éléments : l’identité culturelle et la relation à l’autre.

L’idée d’une identité culturelle française comme spécifique, autonome est une construction historique qui date de la fin du XIXeme, où l’on a artificiellement isolé la culture française du reste de la culture européenne afin d’affermir l’unité nationale. Elle n’est pas intellectuellement défendable, pas plus d’ailleurs que l’idée de l’autonomie d’une culture allemande, polonaise où tchèque. Si il y a bien de fortes spécificités nationales, des pans entiers des "cultures" européennes sont communs à tel point que c’est une chimère d’essayer d’écrire un histoire de la littérature française par exemple, sans faire référence à ce qui fut écrit dans le reste de l‘Europe .

De plus, et même si comme je l’ai écrit plus haut, il y a une spécificité française de ce point de vue là, la nation crée un schéma mental d’ exclusive qui divise le monde en deux : "ma" nation d’un côté, le reste du monde de l’autre. Car pour établir la nation, on est obligé de postuler son unité culturelle ainsi que sa spécificité.

Or, si on admet 1) la vacuité de l’idée d’une spécificité culturelle française et 2) la réalité d’une unité culturelle européenne, on est en droit de s’interroger sur la nécessité de revitaliser le concept de Nation. Le champ des possibles de l’action politique au niveau national se réduit. La mondialisation a réduit de manière impressionnante le pouvoir décisionnel des états. Ce sont les grands ensembles régionaux, qui pourront peser dans le monde de demain. Pour les Français, l’avenir est en Europe, et non pas dans un repli frileux sur la sphère national. Le grand combat politique de la gauche européenne est donc non pas de construire, amis bien de révéler l’unité culturelle et intellectuelle de l’Europe pour faire naître un sentiment européen, et par là même, un désir d‘unité politique. Une fois créé cet espace politique européen, le combat de la gauche restera entier, mais le champ des possibles de son action sera démultiplié s’il s’exerce dans le cadre de la première puissance mondiale.

Le souci majeur est qu’on ne construit pas l’Europe qu’avec des gens de gauche, mais aussi avec des partenaires de droite. Si entre un démocrate-chrétien et un social-démocrate il existe peu de points de clivage sur l’Europe, il en existe nettement plus entre ce même démocrate-chrétien et un conservateur dur, de même qu’il existe plus de clivage entre un social démocrate et un trotskiste sur ce même sujet. Donc sur l’Europe, les clivages politiques peuvent différer du reste du débat politique.

Mais en tout état de cause, nous devons être prêt à faire de réels compromis sur l’Europe, (quitte à les renégocier ensuite) dans l’optique de construire cette espace politique européen. C’est une arme que nous pourrons retourner contre les conservateurs s’ils sont assez bêtes pour la construire avec nous.

par blogueursocialiste publié dans : Politique communauté : Les blogs socialistes
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