Jeudi 23 août 2007
4
23
/08
/2007
15:50
Quimper, le 22 août 2007
Chers amis,
Bienvenue à Quimper pour vos journées d’été. Nous serons heureux de vous y accueillir en participant, comme vous nous y avez amicalement, invité à votre
première matinée de travail jeudi.
A lire votre programme, nous avons constaté qu’une grande partie de vos préoccupations, et c’est bien normal au lendemain d’un échec qui interroge
toute la gauche, tournait autour de votre avenir. Vous allez d’ailleurs y consacrer deux plénières, l’une jeudi sur le thème «Refonder ? Dissoudre ? Réformer ? Revivifier ? Rénover ?
Reconstruire ?… ensemble… » et l’autre samedi autour de «Quel parti Vert pour le XXIe siècle ? ».
Il nous a semblé utile de vous apporter notre réflexion. D’autant, que si vous pouvez ici à Quimper comme l’écrit
Daniel Le Bigot dans son mot d’introduction du dossier reçu par chaque participant «espérer des municipales un score encore plus favorables à l’écologie que lors des
législatives », si la gauche devait l’emporter, ce serait à l’issue de son rassemblement.
Car c’est bien la question centrale. Pourquoi ne tirons nous pas des conclusions stratégiques du fait que nous gérons ensemble la quasi-totalité des
régions et des milliers de communes ? Cette unité dans les territoires est une réalité qui rend incompréhensible notre situation nationale. Au sommet, cela se chamaille alors que dans
les villes l’union perdure, et dans chaque élection, l’unité se voit plébiscitée.
Cette contradiction est, à nos yeux, inexplicable car nos divergences sont devenues plus techniques que stratégiques. Reconnaissons-le,
la concurrence entre nous ne relève plus d’une compétition entre lignes alternatives mais d’une discussion sur le choix des moyens à mettre en œuvre à partir d’objectifs communs :
transformer la société, refuser la société de marché, promouvoir une modernité partagée.
Puisque nous avons dépassé une culture de l’identité faite de clivages, bâtissons ensemble une culture de coalition faite de compromis majoritaires
librement consentis. Le temps est venu d’ouvrir un nouveau cycle à gauche : celui d’une coalition durable.
Nous ne pouvons pas rester immobiles devant l’avance stratégique que la droite a prise avec la création de l’UMP. La reconduction de
nos traditionnels accords de second tour n’est plus suffisante car elle n’offre pas la même solidité et la même clarté qu’une alliance contractée devant le suffrage universel. Mais nous ne
croyons pas pour autant qu’il soit pertinent de souhaiter la naissance d’un parti de toute la gauche. Une telle unité organique est d’ailleurs déjà rejetée par le PCF et vous-même
revendiquez votre autonomie. Enfin le temps des alliances à la carte dont le PS serait le seul dénominateur commun est aussi derrière nous. Mais, l’histoire récente de la gauche montre bien
que l’autonomie, voire l’isolement organisationnel et électoral, n’offre pas vraiment aux courants minoritaires la garantie d’une stratégie plus efficace…
Il nous faut donc inventer et pour cela combiner convergence et autonomie. Au plan national comme dans les territoires, il ne nous
parait pas hors de notre portée de travailler à un « Contrat d’avenir » qui soit un socle d’engagements communs valable pour
l’ensemble des élections.
La vie politique est rythmée par des élections et nous les abordons au coup par coup. Le « contrat d’avenir » que nous appelons de
nos vœux nous permettrait de rapprocher en amont et une fois pour toute nos points de vue. Ainsi chaque consultation serait préparée et les déclinaisons ponctuelles de nos
compromis majoritaires plus aisées à trouver.
La gauche indiquerait ainsi son unité tout en laissant à chacune de ses composantes le moyen de manifester son autonomie. Car nos formations, si elles
ont des intérêts spécifiques, se retrouvent sur des préoccupations communes : réduction du chômage, recul de la précarité, amélioration du système éducatif, consolidation de la
protection sociale, régulation internationale, conquête de nouveaux droits...
Nous en appelons donc à une coalition durable de la Gauche. L’esprit de coalition doit l’emporter sur les raideurs
boutiquières.
Jean-Jacques Urvoas, Député PS du Finistère et Bernard Poignant député PSE
Par blogueursocialiste
-
Publié dans : Politique
-
2
-
Recommander