Jeudi 23 août 2007
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Aujourd’hui je fais l’ouverture, je débauche à droite (non je blague, vous connaissez quelqu’un de sensé qui voudrait adhérer au PS en ce moment ?).
Non, je vous propose de lire la note du 21 août que Charles Sitzensthul, jeune pop du Bas-Rhin (baaaah, encore un département où j’aimerai pas vivre tiens, moins de
député de gauche, doit guère y avoir que la Vendée) sur l’enlèvement du petit Enis.
(attention cette note se veut constructive)
Hier soir j’ai allumé ma télé et appris la nouvelle : Notre ministre des Affaires Étrangères était en Irak. D’abord, en bon gauchiste sectaire, j’ai pensé :
« tiens, il a le droit de sortir sans son maître au bout de la laisse lui ? »
Puis en y repensant, je me suis fait la remarque que contrairement à l’histoire des infirmières bulgares, cette action diplomatique est plutôt
(raaah, j’arrive pas à le dire) pas critiquable.
Le " Non" français (le bon, celui à la guerre en Irak), était normal. La guerre n’est pas toujours la pire des solutions, le Kosovo, la Bosnie l’ont
démontré. Cependant, les USA croient encore, sur la base des exemples japonais et allemand de l’après-guerre que l’on peut vaincre et occuper un pays, et s’en faire ensuite un allié. Ce fut vrai
pour ces deux pays, mais il ne faut pas oublié qu’il avait été préalablement détruits jusqu’au sol.
De plus, de par son histoire et sa formation, l’US Army est la plus puissante du monde, mais n’est pas très bien adaptée aux techniques de guérilla, de
combat urbain, etc. Il était évident au yeux de tout les observateurs de l’époque qu’une guerre se solderait immédiatement par la victoire des USA (il n’y avait guère que le Monde2 pour titrer à
l’époque : " Comme une odeur de Vietnam" , parce qu’en trois semaines les Américains n’avaient pas encore pris Bagdad). Donc avant même le début de cette guerre, on savait qu’elle n’aboutirait
qu’à un échec.
Depuis 2003, la diplomatie française s’était tenue à l’écart du théâtre irakien. Chirac était " grillé" , et les relations transatlantiques ne pouvaient que
rester fort fraîches durant son mandat.
Mais il était essentiel que le nouveau gouvernement, après les élections, retourne en Irak. Important, parce que les américains sont démonétisés en Irak.
Trop d’images ont marquées les esprits, trop de haine se sont accumulées, trop de sang a coulé. Ils ne peuvent plus se retirer, parce que le pays s’effondrerait sans leur présence, ni créer les
conditions de la paix.
Il est à la fois dans le devoir et dans l’intérêt des Européens de s’impliquer dans la crise irakienne. Certes, pour notre ego comme pour la gestion des
crises à venir, l’idée d’infliger aux USA une leçon cinglante en les obligeant à quitter le pays la queue basse était disons tentante. Mais nous ne devons pas oublié que c’est dans le sang de
milliers d’irakiens qu’ils recevraient cette leçon.
Nous y avons en plus intérêt, et pas qu’un peu. L’Irak est le point G de cette région : tapez là et vous déstabilisez l’ensemble. Au bord du Golfe,
frontalier avec l’Iran, la Syrie et l’Arabie Saoudite, gorgé de pétrole, peuplé de 20% de kurdes farouchement indépendantistes, coupé en deux par plus de 30 ans de haine commune entre chiites et
sunnites, on aurait difficilement pu imaginer pire.
Quand on sait la déstabilisation engendré par le conflit israélo-arabe ou les guerres du Liban, on peut frémir à l’idée de ce que serait un conflit irakien
sans force de stabilisation extérieure, un conflit opposant les chiites soutenus par Téhéran, aux sunnites soutenus par Riyad, l’entrée de l’armée turque au kurdistant pour lutter contre les
rebelles du PKK, les baassistes qui essayeraient de reprendre la main…
La solution militaire ayant échouée, reste la négociation, et pour ça les européens sont tout de même meilleurs que les états-uniens. Quel scénario envisager
désormais ? Nous n’allons pas débouler, arrêter d’un geste impérieux les conflits et réconcilier ces gens qui se déchirent depuis des décennies en claquant des doigts. Un scénario à la
nord-irlandaise est plus envisageable. Des négociations longues, pénibles, lentes etfréquemment interrompues sont plus à attendre. Un programme « argent contre armes » sera probablement
nécessaire, et très couteux, vu le nombre d’armes entrées dans ce pays depuis 2003. Il faudra des années avant que ce pays recouvre sa stabilité dans la démocratie (en cas de coup de force, ce
serait probablement plus " simple" ),
Et il nous en coûtera très cher, mais après tout nous avons gagnés beaucoup d‘argent en armant Saddam Hussein à une époque non ?
PS : je voulais faire un article sur la déclaration de Rebsamen, mais mon camarade Karim a fait, et bien mieux que moi. Donc allez lire sa note.