"Le courage, c'est de chercher la vérité, et de la dire."
Jaurès
Nous sommes le parti socialiste et notre objet est la transformation révolutionnaire de la structure sociale, c’est à dire du régime
de la production et de la propriété. Nous travaillons à cette transformation dans l’intérêt de l’unité humaine, de l’individu, aussi bien que
dansl’intérêt de la collectivité, parce que nous considérons ces deux intérêts comme entièrement solidaires. [...]
Nous pensons que cette
transformation est révolutionnaire, même si elle est acquise par des moyens légaux et, l’inverse, un soulèvement populaire victorieux qui
n’aboutirait pas à la transformation sociale ne serait pas à nos yeux la révolution. Si nous luttons pour
cette transformation[...]c’est parce qu’elle mettra un terme
à une iniquité séculaire, parce qu’elle mettra fin à la lutte des classes, parce que, selon le mot de Jaurès, elle réconciliera l’humanité avec
ellemême, parce qu’elle assurera à l’individu le libre jeu de sa vocation naturelle et le plein
développement de sa personne. Nous croyons que la mutation révolutionnaire du système social a pour condition la conquête du pouvoir politique par les travailleurs organisés en partis de classe. La conquête du pouvoir n’est pas une fin en soi,
mais la condition préalable et indispensable de la transformation révolutionnaire[...]
Léon Blum, discours à la tribune du XXXVIIIeme Congrès de la SFIO, 1946
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Les couteaux s’aiguisent, et les factions se reforment, mais ne disparaissent pas. A moins de 2 semaines de la Rochelle, l’ambiance est au beau fixe. Il y a ceux qui veulent la peau des éléphants, la destruction de leur courants, etc, et installer Ségolène Royal à la tête du parti. Il y a ceux qui n’ont cesser de répéter qu’elle était nulle, et qui voit dans la double défaite une confirmation de leur avis. Il y a encore les partisans d’un virage à gauche toute, ceux de la centrisation, les attentistes, les sceptiques de tous poils, ceux qui veulent s’inscrire dans la rénovation du PS sans aborder la question des personnes (ce qui est d’ailleurs parfois une façon de vouloir évincer Ségolène Royal)... Une camarade fabiusienne se réjouissait de la présence des membres de la ségosphère à la Rochelle, car elle cherchait à avoir une estimation exact de la profondeur du port. Un membre de la ségosphère m’a promis que « [nous serions] exclu du parti à la victoire de Ségo », nous représentant dans son esprit tous ceux qui ne se reconnaissent pas totalement en son idole, ce qui doit faire quand même du monde. Tout va bien, tout va très très bien.
Bref…pendant ce temps là, la conjoncture internationale se dégrade, la droite prépare la mise en service de Débauchage.2, logiciel à l’attention des aigris et des frustrés de gauche qui estiment que leur mérite n’est pas récompensé à sa juste valeur, et qui du coup trouveront leur place dans les listes UMP aux municipales, et vont donc s’en aller voir ailleurs. Pendant ce temps là, on ne fout pas grand-chose. J’ai une famille pas particulièrement PS, et à leur mines navrées quand on parle des querelles internes, j’imagine assez bien ce que doivent penser les Français de nous. Je ne le dirais pas ici pour ne pas être trop vulgaire.
Les bisbilles internes du PS, ça fait un certains temps que ça existent, disons la rupture Rocard-Mitterrand. Mais au fil du temps, les socialistes en sont venus à se battre plus entre factions que contre la droite, à débattre plus entre eux qu’à essayer de convaincre au dehors. En réunion de section on parle plus de la dernier vacherie d’untel à l’égard d’un autre plus que de la politique nationale, et je ne parle pas de l’international, voire simplement de l’européen. En plus des rivalités entre courants, qui sont déjà pléthore et pas toujours représentatifs d’une réalité idéologique, il existe au sein des courants de solides détestations entre membres des différentes tendances. Capharnaüm épouvantable, dérisoire, en un mot, bouffon. Les socialistes sont tellement à la recherche du plus petit dénominateur commun, à tel point que l’on en entend vous affirmer qu’il déteste toujours Fabius pour le tournant de la rigueur (1983)… Et qu’il n’est sans doute pas totalement faux que certains d’entre nous aient préféré perdre que gagner avec Ségo…
En fait, on a l’impression que le PS est comme la vieille UDF, celle de 1978-1998, confédération de partis quasi-jumeaux idéologiquement, mais en perpétuel luttes internes sur des questions de pouvoirs (pas que, je sais).
Tout cela me fait furieusement penser à une période de l’histoire : ça se passe dans l’avant dernière décennie du XVIIIeme siècle, à Versailles. Les caisses de l’État était vides depuis la Guerre d’Indépendance des USA, les mauvaises récoltes affamait le Royaume de France, mais ce qui intéressait par-dessus tout la Cour, c’était quelle serait la perruque du jour de la reine, qui enfilerait sa chemise au roi,etc. Dix ans après, il était tous enfermés, exilés ou morts. Les socialistes ne finiront pas comme ça. Ce genre de pratique n’a plus cour dans notre pays. Mais si nous continuons à nous déchirer sans un regard pour le monde extérieur, nous disparaîtrons. Le PC est mort de son immobilisme, nous pouvons en mourir aussi. De nouvelles dynamiques sont apparues dans la sphère politique. Le MoDem raflera la mise si les socialistes ne savent pas s’unir. Et le MoDem, ça n’est pas la gauche. Parce que nous sommes le derniers parti de gauche, parce que le devenir des plus démunis d’entre nous pèsent sur nos épaules. Plus qu’un devoir d’unité, les socialistes on un devoir de fraternité et de respect mutuel.
PS : à titre de repoussoir, voilà une page, établie par un droitier et recensant les sites favorables à « un mai 68 de droite ». Ames sensibles s’abstenir…