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« La création d’un Pole public européen de l’énergie qui aurait le monopole des approvisionnements, des investissements
de production et de la gestion des réseaux. Cette structure aurait pour objectif de garantir la stabilité des approvisionnements, l’égalité de l’accès et des prix sur tout le continent
ainsi que le développement des sources d’énergies renouvelables selon des objectifs quinquennaux fixés par le Parlement européen. »
Je vais envoyer ça à ECOSY, l’organisation des jeunes socialistes européennes. Je pense que ça va les faire hurler de rire…jusqu’à ce qu’ils comprennent que c’est pas une blague…
Camille Landais (un esprit très brillant, mais dont quelque chose me dit que jamais Nicolas Sarkozy ne dira qu‘ « il fait
honneur à l‘intelligence française »), de l’École d’Économie de Paris à publié en Juin 2007 une étude intitulée comme il suit : Les haut revenus en France (1998-2005) : Une explosion des
inégalités? Je n’ai pas l’intention de vous la reproduire in extenso, elle est très intéressante, même si elle est passée complètement inaperçue, et se
lit là. (Vous pouvez vous arrêtez à la 25ème Page, après c’est un relevé de méthode un peu barbant pour les non-initiés (comme moi)). Cependant, je vais en reproduire les principales
conclusions.
1. Le niveau des revenu moyen stagnent : En 8 ans, il a connu une croissance de 5,9%, soit 0,82% par an en moyenne. Il est à noté que cette
évolution n’est pas uniforme, car sur la période 1998-2002, cette augmentation était de 1,4%. Le rapport souligne qu’il n’y a pas de corrélation entre la baisse qui a suivit et
la dégradation économique, eu égard à l’augmentation continue du PIB par tête, actif et heure travaillée…
2. La hausse des hauts revenus est à contrario beaucoup plus forte. Sur cette période, la part des revenus des 10% les plus riches dans les revenus totaux à augmenter de 2,7%. Et plus les riches sont riches, et plus leurs revenus ont augmentés.
3. Ces revenus sont essentiellement constitués de revenus du patrimoine et non de revenus du travail. On note une stagnation du salaire moyen et une forte hausse des revenus du patrimoine. Toutefois, ni l’une ni l’autre ne sauraient expliquer les causes de cette hausse.
4. Cette tendance a essentiellement deux causes : les revenus des différentes couches de la population n’ont pas la même structuration, et les différents types de revenus en question ne croissent pas de la même manière.
5. Sur les changements : Les inégalités salariales ont explosées, les salaires des derniers millième et dix millièmes supérieurs de l’échelle des revenus ayant augmentés respectivement de 29% et 51 % sur cette période. Les revenus de plus values se concentrent sur le dernier centile supérieur de la population.
6. Cette évolution marque une convergence avec les pays anglo-saxons et un divorce d’avec le relatif égalitarisme français.
Cette étude a été réalisée sur les revenus bruts, indépendamment de l’évolution de la fiscalités et des revenus de transfert. Elle illustre donc les tendances lourdes de l’économie actuelle. Celle-ci tend visiblement à concentrer les revenus dégagés par l’économie sur une ultra-minorité des plus riches de la population.
Cette étude est à mettre en parallèle avec la loi intitulée en faveur du travail, de l’emploi et du pouvoir d’achat . Au passage, on notera le cynisme d’un tel intitulé qui eu plus justement mérité celui d’en faveur de la rente, de l’oisiveté et pour une société du chacun-pour-sa-gueule. Les articles qui m’intéressent ici sont les articles 4, 5 et 6.
Je ne reviens pas sur le coût total de ses mesures. A 14 milliards d’euros par an, la France risque de se retrouver bientôt sous la tutelle du
FMI (mais tout va bien, puisque c’est super-Dominique qui y sera) pour une opération de désendettement à l’argentine…
L’article 4 annonce qu’afin de « faciliter la transmission des patrimoines représentant le fruit d’une vie de travail », la quasi-totalité des successions sont exonérées de droits de successions. Dans la législation précédente, qui n’était pas des plus contraignantes, 95% des successions directes étaient exonérés de droits de successions. Désormais, plus de 98% le seront. Outre le fait qu’on peut se demander comment Sarkozy compte créer un « choc de confiance » en instaurant des mesures favorisant une frange ultra-minoritaire de la population, il faut regarder qui sera exonérer désormais : les quelques privilégiés en question sont évidemment situés dans le haut de l’échelle des revenus. Je cite notre chère ministre de l’économie (dont le projet en question ne va pas manquer de garnir les bas de laine, étant donné le salaire qu’elle touchait lorsqu’elle travaillait aux USA) :
« L’article 4 allège considérablement les droits de succession et de donation. Entre époux et partenaires liés par un PACS, les droits de succession sont abolis. Pour les enfants, l’abattement personnel est relevé de 50 000 à 150 000 euros, en contrepartie de la suppression de l’abattement global de 50 000 euros. Ainsi 95 % de successions passeront aux héritiers sans que l’État prélève un centime. Ces abattements sont communs aux successions et aux donations. Les donations en numéraire seront exemptées d’impôt dans la limite de 20 000 euros. De temporaire, cette mesure qui a connu un grand succès devient donc définitive. Le coût de ce dispositif est estimé à 2,2 milliards. Ainsi, un couple marié avec deux enfants, propriétaire d’un bien immobilier de 800 000 euros… Si l’un d’eux décède, aucun membre de la famille ne paiera de droits de successions, alors que ceux-ci s’élevaient auparavant à 30 000 euros. Si le bien vaut le double, le conjoint sera également exonéré, les impôts pour les enfants étant réduits de 20 000 euros. »
Ami lecteur, statistiquement, je suis prêt à parier que tu ne possède pas, ni toi ni tes parents d’ailleurs, un patrimoine d’une valeur de 800000 euros. Pour être exact, l’INSEE évaluait dans une enquête paru début 2006 ce patrimoine moyen à 270000 euros.
L’article 5 a l’avantage de ne pas se cacher derrière son petit doigt : les impôts directs sont limités à 50% du revenus. Or, en France, seuls 245000 contribuables, soit 0,66 % d’entre eux environ sont concernés par cette mesure.
Quant à l’article 6, c’est le premier au monde instaurant un impôt qui enrichi le contribuable. A hauteur de 50000 euros, les investissements seront déductibles pour 75% de l’ISF(c’est-à-dire en fait environ 70000 euros d’investissements déductibles, la déduction étant d‘environ 50000 euros).
Les revenus des 1% de contribuables concernés augmentent 4 à 5 fois plus vite que ceux des 90% du " bas" de l’échelle des revenus. Ces revenus sont essentiellement constitués de revenus de la rente (immobilières, boursières etc.). Cette loi, en supprimant l’ISF de fait va créer une situation privilégiant les fortunes " installées" . Elle réinstaure un caste qui dominera économiquement puique de manière mathématique elle captera toujours plus de revenus, au détriment de ceux des classes moyennes et populaires qui stagnent. Les revenus de cette même caste ne seront pas issus du travail, mais de la gestion du patrimoine. La loi dite en faveur du travail, de l’emploi et du pouvoir d’achat réinstaure une société de rentiers où, du fait de l’absence de redistribution massive,seul comptera la situation familiale, et excluant toute ces notions désuètes que sont le mérite, le travail récompensé, etc.
Mme Lagarde a déclarée que « la lutte des classes [étaient] un concept essentiel aux historiens et à eux seuls ». Les travaux des sociologues sur la disparition de la conscience de classe se vendent au kilo, mais la lecture de ce projet de loi, on se dit que toute les consciences de classe n’ont pas disparues.
P.S. : Ayant été qualifié de "disciple talentueux" par mon maître-jedi Simon Jolles, dont je vous recommande le blog, je prend l‘engagement solennel de maintenir mes efforts (gloups) pour atteindre son niveau de langue de pute, de critique gratuite, violente et forcément improductive... Dans une autre veine, lisez l’explication de vote du député Pierre-Alain Muet pour le groupe SRC.
Petit coup d’œil sur l’actualité de droite :
_Philippe Douste-Blazy réinvente l’eau chaude : à Toulouse nous dit-il, "la droite n’est pas très en forme." Dans une ville ou toutes les circonscriptions ont été enlevés par une gauche qui totalise près de 57% des voix, on tient à saluer la qualité de la réflexion nécessaire pour arriver à une telle conclusion.
_Les jeunes UMPistes distribuent des stylos, ballons, préservatifs et autres sucettes sur les plages de France. Parmi ces cadeaux sont sournoisement glisser des tracts défendant les réformes en cours (succession, droit de grève, etc). Information à croiser avec les derniers chiffres sur la pollution, en nette hausse.
_Toujours chez nos vis-à-vis de droites, ils seraient 45000 aujourd’hui en France. Précisons que les Jeunes Pops ne sont pas indépendants de l’UMP, ce qui veut dire que tout adhérents ayant l’âge requis est membre de facto de cette association
_pour en finir avec les jeunes pop, leur chef apparaît aujourd’hui comme très menacé et pourrait perdre sa place. Ben oui, quand on s’appelle Fabien de Sans-Nicolas, surtout en cette période…
_le député UMP Jean Pierre Grand propose de laisser son siège à Dominique de Villepin, et ce afin d’éviter à l’ancien premier ministre d’avoir à
comparaître devant la justice. Ce brave élu du peuple (sic) considère que le placement en détention est « une atteinte à la démocratie ». Outre le fait
que contester publiquement une décision de justice est un acte extrêmement grave relevant d’un article de loi que je n’arrive plus à retrouver qui le puni
lourdement, on s’interroge sur la corrélation entre la mise en examen d’un personnage n’exerçant aucune fonction politique mais ayant essayé d’instrumentaliser une affaire afin
d’éliminer un rival et le bon fonctionnement de la démocratie. Au contraire, dans une vraie démocratie (et pas dans une monarchie comme la notre), ce triste personnage aurait
droit à un procès en bonne et du forme, une condamnation et une cellule de 3X3m.
_L’auteur de ces lignes tiens également à saluer Brice Hortefeux, dont une des premières interventions médiatiques fut le cause directe de
la concrétisation de son engagement politique par l’adhésion à ce brillant parti qu’est le PS. Le ministre des charters et de la ratonnade récidive en accordant
une interview au Parisien, dans laquelle il explique son action politique contre (le mot est choisi à dessein) l’immigration. On ne développera pas, ici, un post sur la politique migratoire est
en préparation.
_Enfin, le porte-parole du gouvernement Laurent Wauquiez ( soi dit en passant, si c'est ça les jeunes espoirs de la droite, on ne passera
peut-être pas dix ans dans l'opposition) a invoqué « le droit des gens à aller travailler » pour justifier la loi sur le service minimum. Ébaudissons nous un instant
devant l’hypocrisie (ou la stupidité, au choix) d’un tel argument. En effet, si on l’admet, il faudra ensuite créer un service minimum pour n’importe quel profession dont l’utilité économique est
indiscutable. Ce qui veut dire qu’à part chez les traders, les actionnaires et les sénateurs, à force de vouloir permettre à tout le monde d’aller travailler, personne n’aura le
droit de revendiquer de meilleurs conditions de travail.
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