Dimanche 26 août 2007 7 26 /08 /2007 13:08
Accro au net, il m’arrive parfois d’y passer des heures. Or, je trouve sur les blogs de gauche en ce moment, toutes tendances confondues, quelques choses qui m’énerve prodigieusement. Il s’agit des commentaires, plus ou moins assassins, c’est selon, que l’on peut trouver partout, et pas seulement sur les blogs communistes, même si on a connu Clémentine Autain plus inspirée, mais elle n‘est pas seule en l‘occurence. De quoi est-il question ? Et bien de l’interview de Manuel Valls parut dans le Figaro du 21 Août dernier.

Je ne suis pas un " fan" de Manuel Valls (de toute manière, je ne suis fan de personne, sauf de Vincent :-D). Je ne partage pas son appréciation du présidentialisme, auquel il est attaché, ni sa volonté de rebaptiser le Parti Socialiste. A ce sujet, je rejoindrai plutôt l’opinion de Poignant, le président de la délégation PS au Parlement Européen.

Valls est souvent accusé, y compris (surtout ?) par des socialistes, d’opportunisme. Ce qui, dans ce parti, me fait doucement rigoler… Et puis soutenir Jospin à l’investiture, ça n’était pas une marque d’opportunisme à mon avis.
J’avais déjà apprécié chez lui, qu’opposé au TCE, il se soit loyalement rallié au vote des militants.

Valls a clairement fait le choix de rejoindre le camp des rénovateurs, et, de ce fait, bouscule notre parti et ses habitudes. Cela peut choquer, on peut être en désaccord avec ce qui est dit, mais le temps presse. 3 ans (car nous n’avons pas plus) pour refonder un parti, rassembler la gauche et désigner un leader (mettez ça dans l’ordre qui vous convient…) c’est très court.

Toutefois, le sujet n’est pas là. Car ce qui fait l’indignation de bon nombre n’a rien à voir avec la rénovation de la Gauche. Il s’agit d’une phrase, qui suit : 

« Nous pouvons faire un bout de chemin avec la majorité, à condition qu’elle nous entende, sur des sujets qui peuvent faire consensus. Je pense aux moyens qu’il faut donner à la justice, à la lutte contre la criminalité ou encore au dossier de l’immigration. »

Et alors là, c’est le déluge de feu, les procureurs se déchaînent…Valls serait complice des charters, des lois liberticides et répressives, etc.

Bref, on a l’impression qu’ils ne savent pas lire, donc je repasse la phrase :
« Nous pouvons faire un bout de chemin avec la majorité, à condition qu’elle nous entende, sur des sujets qui peuvent faire consensus. »
 
Je ne crois pas à la possibilité d’un consensus gauche-droite, en dehors de quelques questions et dans des limites assez restreintes. Et je ne pense pas que Valls y croit non plus. Les propositions qu’il défend sont trop antagonistes avec celle de la droite. Mais c’est la seule réponse tactiquement valable à l’ouverture. C’est dire : « Chiche ! Écoutez nos idées, prenez les en considération, abandonnez votre dogmatisme répressif ». Évidemment, Sarkozy ne veut pas de ça. Il refusera, et l’ouverture fera long feu…

Mon Maître-Jedi a écrit un jour « le sectarisme est la certitude des faibles ». Et bien la gauche n’est pas en grande forme, nous en avons une nouvelle preuve…
Par blogueursocialiste - Publié dans : Parti Socialiste&MJS - Communauté : Les blogs socialistes
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Dimanche 26 août 2007 7 26 /08 /2007 12:03
Voilà qui va en faire rire plus d’un…


Je n’étais pas à Melle, comme je l’ai dit plus haut. Je ne sais donc pas ce qui s’y est dit off, et qui est souvent aussi important que ce qui se dit à la tribune. Je ne sais que ce qu’on peut lire dans la presse, à savoir qu’il y avait beaucoup moins de monde qu’attendu. Je suis aller lire le discours que Royal a prononcé lors de ce rassemblement. Discours essentiellement consacré à la rénovation du parti, et à ce titre fort intéressant.

Ségolène Royal a insisté sur le fait qu’un long travail collectif commençait, un travail de rassemblement des socialistes. Longuement, tout au long de son discours, elle a insisté sur le devoir d’unité des socialistes.
Elle a commencé l’élaboration d’une autocritique, notamment sur l’improvisation de sa campagne et d’un certain nombre de ces réponses.

« La Parti Socialiste du 21ème siècle doit être à la fois un lieu de connaissance, un lieu de délibération, d’élaboration, enfin un outil de combat collectif . Ses réunions doivent être ouvertes, les mouvements de société doivent lui être associés, les forums doivent nourrir ses propositions en amont, l’usage d’Internet doivent lui permettre d’être en contact quotidien avec ses millions d’électeurs. »

Tout est dit. Sur la rénovation de la pratique des congrès, elle a également été très juste.

« Nos congrès doivent obéir à cette nouvelle logique. Plutôt que d’être le camp clos d’affrontements parfois obscurs, les positions des uns et des autres doivent avoir été validées par des débats qui leur donneront leur légitimité. Il faut que notre fonctionnement favorise les vrais débats et pas la prolifération des motions qui donnent souvent lieu à des règlements de compte inutilement brutaux suivis de synthèse parfaitement illisibles. »
 
Sur l’individualisme comme sur le marché, elle a su faire la peau à ces deux faux débats. J’espère qu’on y reviendra plus…

A trois reprises, elle a appelé le PS à s’ouvrir à tous les « mouvements et sensibilités de progrès »
Dressant la liste des tares du fonctionnement du PS, elle a assumé y avoir eu sa part. C’est un discours d’honnêteté, qui tranche avec celui de ses fans. Elle assume une part des erreurs du passé
Sur la droite, elle a choisi l’angle d’attaque juste. Critiquer l’inefficacité, la nullité et le dogmatisme de la droite me parait être une fenêtre de tir redoutable, pourvues qu’on les utilisent à bon escient…
Sur ce qui annonce les axes majeurs de la politique française, et même si cela ne constitue pas encore une ligne politique clairement établie, on a pu voir apparaître quelques " lignes de forces" nouvelles, le renforcement et le développement de quelques points " nouveaux" . Beaucoup de concepts restes à développer, à concrétiser, comme celui de la flexsécurité.
 
Alors bien sur, oui, je trouve sa proposition d’un parti sans courants irréaliste et même dangereuses, même si, je l’ai déjà dit, il faudra envisager d’autres modes d’expressions des idées aux sein du parti, mais qui s’ajouteront aux courants sans les supprimer.
Oui, je ne pense pas qu’il puisse s’établir beaucoup de convergences entre la gauche et la droite (je n’excepte que l’écologie, mais là encore, les limites sont rapidement atteintes).
Oui, je crois qu’il y a des droits qui n’appellent pas des devoirs. Mais je pensent que même Royal me rejoindrait là-dessus si j’argumentais J …
Oui, j’aurai aimé qu’elle parle d’Europe, des problèmes sociaux, oui je souhaite qu‘elle abandonne ce ton qui agace tellement tant de gens. Mais ça, c‘est de la com‘ elle a trois ans pour y travailler...
Mais c’est un premier pas. Les développements, les idées qui suivront me plairont peut-être moins. Mais dans l’ensemble, je souscris à ce qu’elle a dit.

Mari Noël Lienemann et Jean-Luc Mélenchon, on, à peine son discours fini, attaqué billes en têtes Ségolène Royal. j’ai beaucoup d’estime pour JL Mélenchon, même si je ne partage pas sa ligne politique. J’en ai nettement moins pour Lienemann, qui a beaucoup navigué, et qui a fini chez les fabiusiens, ce qui est logique quand on est opportuniste d‘ailleurs à ce titre, je n‘ai jamais compris ce qu‘y foutait Méluche. Mais cette période des attaques. Il faut en finir avec les règlements de comptes, les phrases assassines. Je conçois qu’on puisse être en désaccord avec ce que dit Royal, mais se livrer à des charges aussi violentes décrédibilise le propos en le ravalant au rang de conflit de personnes. Sans compter l’image désastreuse que cela donne de notre parti (mais en même temps, cela peut il être pire qu’aujourd’hui ?)
 
P.S. : Oui, c'est un assez bel exemple de palinodie par rapport à l'article Défis d'Avenir. Et alors ?
Par blogueursocialiste - Publié dans : Parti Socialiste&MJS - Communauté : Les blogs socialistes
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Vendredi 24 août 2007 5 24 /08 /2007 17:51
A Argenteuil, les agents municipaux ont refusés de répandre un produit, au nom explicite, le Malodore. Ce produit répulsif devait être diffusé dans les endroits où s’installe les SDF dans le but avoué de les chasser. Le maire Georges Mothron (UMP, faut-il le préciser ?) n’en est pas à son coup d’essai. Il ad déjà publié une batterie d’arrêtés interdisant la mendicité en centre-ville. L’un de ces arrêtés évoquait la « gêne olfactive anormale » liée à la présence des SDF. « Le bruit et l’odeur » , décidemment, sont des valeurs pour une certaine droite, dont il émane des effluves très brunes…
Mothron est connu pour vouloir, depuis son élection en 2003 " gentrifier" sa ville. Dernière ce joli mot se cache une réalité brutale : la destruction de cités ouvrières, et leur relogement hors de la ville, parfois loin de leur lieu de travail. Des habitants ont parlé de « purification sociale »…
Au delà de cet épisode de la vie politique locale, ce qui apparaît assez évidemment, c’est, encore une fois, la réalité du clivage gauche-droite. Les uns luttent contre la pauvreté, les autres trouvent plus simples de lutter contre les pauvres. Car ces arrêtés d’interdiction ne concernent que le centre-ville : « Allez mendiez dans les quartiers pauvres, c’est là qu’est votre place, mais ne venez pas déranger les riches… »
Va-t-on rouvrir les prisons pour mendiants ?  
Aujourd’hui Nicolas s’attaque au scandale des procès-qui-n’ont-pas-lieu-alors-qu’il-devraient-avoir-lieu. A ce titre, je lui conseille de ne pas oublier son ministre délégué à la fonction publique, qui traîne suffisamment de casseroles derrière lui pour faire la cuisine de toute une patrouille scout…
Le Figaro titre donc : Sarkozy veut des procès même en cas d’irresponsabilité pénale. J’aime bien ce titre pour l’absurdité qu’il met (involontairement ?) en évidence. Si cette annonce était suivie d’effet, il s’agirait de juger des gens qui ne pourront pas être condamnés, parce qu’irresponsable pénalement.
Lorsqu’il était ministre de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy avait été plusieurs fois attaqué pour sa méconnaissance du monde de la Justice. C’est un faux-procès. Sarkozy est avocat au barreau, et connaît parfaitement les mécanismes de la justice. Dès lors, quel est le but de ce genre de déclaration ? Je ne fait pas partie de ceux qui nient l’importance de la dimension symbolique, que ce soit dans le domaine de la politique ou de la justice. Mais il me semble que l’effet principal de cette mesure serait d’encombrer des tribunaux qui n’ont pas besoin ça pour l’être.  
Quel intérêt présenterait dès lors cette mesure ? Je n’en vois à titre personnel qu’un seul, et il est très politique, au mauvais sens du terme. A propos du président, Pierre Moscovici avait écrit récemment à son propos :
« Je le crois vulnérable […] sur le terrain purement politique. Nicolas Sarkozy a un terrible ennemi : lui-même. Il est, je l’ai écrit, un joueur, il lui faut sans arrêt aller plus loin, plus fort, fouler des terres inconnues, transgresser des interdits. Président de la République, il s’ennuie déjà, il veut diriger seul le pays, bousculer l’Europe, peser dans le monde, repartir déjà en campagne, se mettre en scène en permanence. »
Le but de ce genre de déclaration est d’aller toujours plus loin, de transgresser toutes les frontières, jusqu’à celle du réel. Je ne suis même pas sur de la constitutionnalité ce cette nouvelle proposition, mais ses récents propos relatifs à la censure exercée par le Conseil Constitutionnel sur les dispositions relatives aux emprunts immobiliers sont éclairants. Peut importe la constitution, seules comptent ses déclarations. L’important est de frapper toujours plus fort, plus haut et plus loin. Surprendre, déconcerter, promettre toujours, et la réalité devra suivre. Et si elle ne suit pas, c’est nécessairement la faute de quelqu’un, de quelqu’un d’autre. Si une de ses promesses ne se réalise pas, Nicolas Sarkozy désigne un coupable. A la première élection, il demandera un mandat contre le fauteur de trouble hier Mai 68, demain le Conseil Constitutionnel ? Il l’obtiendra, mais cette logique ne fonctionnera qu’un temps. Elle ne fonctionnera qu‘un temps, parce que désigner un coupable n‘est pas le tenir. « En finir avec Mai 68 », si tant est que cette expression ait un sens, ne réglera pas le problème des dérives financiaristes de l‘économie mondale, dont il était pourtant rendu responsable. D’abord cette façon de fonctionner lassera, puis elle laissera sceptique et finalement inquiètera. 
Nicolas Sarkozy vise toujours plus haut. « Plus dure sera la chute »…
Par blogueursocialiste - Publié dans : Politique - Communauté : Communauté de l'opposition
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Vendredi 24 août 2007 5 24 /08 /2007 02:47
Aujourd’hui se réunit le courant de Ségolène Royal à Melle. J’avais hésité à y aller, mais la conviction que rien d’intéressant ne s’y dirait m’a retenu chez moi. Sans vouloir m’étendre, cette réunion me parait particulièrement archaïque : c’est la réunion d’un clan, d’un groupe qui se compte, qui évalue ses forces en vue de prendre le parti. Avez-vous entendu parler d’un séminaire de travail du courant royaliste sur un sujet quelconque, fusse « l’influence du marxisme sur la floraison des tulipes » ? A l’heure où les socialistes, toutes tendances confondues, tentent de se mettre au travail, le décalage des ségolénistes tout entier tourné vers la prise de contrôle du PS est …décevant. Décevant, parce que l’élan dont était porteur ce courant , l’énergie qu’il catalysait a parut à nombre d’entre nous, parmi ceux qui attendait une rénovation des pratiques et de la pensée socialiste prometteur. Il ne faut peut-être pas désespérer, mais prendre le pouvoir sans faire des propositions cette tendances existe déjà en notre sein, c’est celle des fabiusiens, seul courant à n’avoir jamais attaché une idée-phare à son nom…Et je suis bien obligé de le reconnaître, pour l’instant, l’attitude de Désirs d’Avenir-Ségosphère me répulse plus qu’autre chose. Mais ils seront bien obligé d’en venir au propositions. S’ils n’ont que le Pacte à proposer, mon choix sera vite fait…

L’agitation de cette prérentrée à gauche suscite chez moi à la fois espoirs et inquiétudes. Espoirs, car je me dis que face à ce bouillonnement intellectuel et militant, à cette profonde exigence de renouveau, les forces conservatrices au sein de notre parti ne pourront pas cette fois l’emporter. Inquiétudes, car cette réflexion est menée de façon totalement éclaté, par des groupes d’intérêt divers. Cela peut se comprendre, puisque la refondation a échoué lorsqu’elle a été tenté au sein du parti. Cependant, aussi vite que possible, il faudra que le débat se réinstalle au sein du parti, bien au-delà des trois débats (l’avenir de la solidarité dans une société individualisée, la citoyenneté dans la nation, le socialisme dans la mondialisation) prévu par Hollande. Si ces trois débats sont importants, ils sont beaucoup trop larges, et partant de là, beaucoup trop vague. Le risque, en ayant un débat dans ces formes là, est qu’il n’en sorte rien. J’avoue que des fois je me demande si ce n’est pas le but recherché…Voici ma première contribution au débat : 

Comment réinventer ?

a. Avec qui ?

La gauche, profondément divisée, n’a paradoxalement jamais été au pouvoir qu’unie. Comme l’a analysé Peillon dans le texte que je reproduis plus haut, il est temps de transgresser les frontières des appareils politiques, afin d’éprouver si elles ont encore une réalité, ou si elles ne sont plus, comme il le dit, que « la défense d'intérêts électoraux particuliers et la fidélité à une histoire révolue ».
Débattre d’abord entre socialistes avant d’aller débattre avec l’ensemble de la gauche n’aura pas la même finalité, le même sens qu’aller débattre avec l’ensemble des acteurs de gauche. Dans le premier cas, elle débouchera probablement sur une rénovation socialiste. Si nos partenaires de gauche ont la même évolution, ont peut légitimement espérer qu’en naisse une nouvelle coalition à gauche, un partenariat durable entre différentes forces de gauche.

Le deuxième choix est plus ambitieux, et de fait, plus risqué aussi. Débattre collectivement à gauche, y compris avec les syndicalistes, intellectuels, associatifs, sympathisants, bref la gauche " élargie" de son cadre strictement politique aurait pour ambition de fondre la gauche, réformiste en tout cas, dans une seule et même structures politiques. Ce processus a plus de chances d’échouer, en raison des contentieux accumulés par l’histoire. Pourtant, il ouvrirait certain, par son ampleur, une nouvelle phase de l’histoire de notre pays.

Quelle que soit les modalités qui seront choisis, les modes de délibérations, puis la forme choisie, que se soit l’alliance ou bien la fusion, nous devrons toujours nous membres du PS, a prendre garde à ce que la réunion des forces de gauche ne signifie pas en pratique leur absorption par le Parti Socialiste, ultra-majoritaire en terme d’adhérents et d’élus. Au sein de la nouvelle alliance devront être créer des moyens d’expressions des minoritaires qui ne devront pas être confinés au ministère de la parole. Les Verts ne doivent pas être la " caution écologique" du nouveau mouvement pas plus que le PC ne doit être la " caution sociale" ou le PRG la " caution laïcité" .

b.Inventer des nouveaux modes de délibérations

Les courants furent " inventés" pour permettre l’expression des différentes sensibilités aux sein du PS. Cependant, aux fils des années, des courants sont apparus sans être réellement justifiés idéologiquement. Ils correspondaient en fait à la nécessité pour un ambitieux de se doter d’une structure de soutien. Comme au PS l’ambition n’est considéré comme légitime que si elle correspondre à un projet, il est arrivé que soit présenté des motions quasi-semblables, mais qui ne pouvaient pas s’unir parce que représentantes de chefs rivaux. L’avenir au PS passe par la dissociation du travail de réflexion idéologique et d’élaboration du corpus intellectuel socialiste de celui de la désignation des candidats, notamment à la présidentielle.

Un autre point important à soulever est celui de l’équilibre à trouver entre la possibilité pour les militant de définir la ligne et la cohérence de celle-ci : pour donner un exemple, on peut sur les questions économiques se sentir plus proche des strausskahniens et être partisan d’une VIeme République parlementaire. Dès lors, dans ce cas, on vote pour la Motion 1 (Hollande) ou la Motion 5 (NPS-AS)? On peut être séduit par telle ou telle position de la motion 3 (Utopia), mais se refuser à voter pour cette motion pour " voter utile " …

On pourrait imaginer que les contributions thématiques soient votées, ce qui offriraient une ligne d’orientation d’être infléchis. Pour reprendre l’exemple du Mans, on aurait de cette manière pu voter pour la Motion 1 tout en marquant son intérêt pour la VIeme…
En tout cas, plus jamais une synthèse ne pourra être élaborée en une nuit, en petit comité, presque à la sauvette. Le texte définissant l’orientation politique de notre parti à suffisamment d’importance pour qu’on le traite avec plus de respect…

A ce titre, dans l’élaboration collective des textes, notre parti pourrait profondément renouveler ses méthodes de travail collectif s’il se saisissait de l’outil Internet de manière efficace.
Afin d’imaginer d’autres modes de contributions que le courants, on pourrait aussi imaginer des clubs transversaux, formés de gens de sensibilités différentes mais soucieuses de travailler sus tels sujets précis. Par exemple un groupe de travail " écologie" ayant à la fois un niveau national mais aussi des cellules de travail au niveau local. Les clubs de toutes espèces, du genre d’A Gauche En Europe font souvent des propositions dont l’intérêt est indéniable. 

Pour conclure, je dirais que nous devons avoir le courage de sortir de nous même. Le Parti Socialiste tel que l’on connu la plupart des militants n’existe plus. L’afflux massifs de nouveaux adhérents, l’émergence de Ségolène Royal, l’exigence d’une nouvelle génération va probablement profondément modifier la donne. Au PC, chez les Verts, des mouvements de grandes ampleurs sont en marche. Si nous savons saisir l’occasion de nous rencontrer, trouver les moyens de discuter et de débattre, alors je crois que nous saurons aussi choisir le meilleur mode d’union.
Par blogueursocialiste - Publié dans : Parti Socialiste&MJS - Communauté : Les blogs socialistes
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Jeudi 23 août 2007 4 23 /08 /2007 16:11
Un texte de Vincent Peillon, publié dans le Nouvel Obs du 23 au 29 août. C'est par un retour à sa vraie tradition individualiste et non étatiste que doit s'opérer la refondation intellectuelle su socialisme français. Ce sont deux dogmatismes - l'un marxiste, l'autre libéral - qu'il faut aujourd'hui rejeter. Avec un objectif à court terme : des assises de la gauche et des progressistes avant même la tenue du congrès du PS prévu au printemps prochain.


Après sa troisième défaite consécutive à l'élection présidentielle, la gauche française dans sa totalité et le Parti socialiste en particulier vont devoir s'interroger sur les raisons de leurs échecs, et entreprendre enfin une mutation trop longtemps différée.

Telle est la tâche qui nous attend si du moins notre objectif est bien de gouverner à nouveau un jour.

La première question que la gauche française va devoir trancher, c'est d'ailleurs celle de son rapport au pouvoir et à la victoire : voulons-nous vraiment gagner, voulons-nous vraiment gouverner ?
 
Même si c'est dans un autre contexte, et même si c'est avec d'autres acteurs et d'autres résultats, la présidentielle de 2007 a, par certains aspects, reproduit les mêmes erreurs que celle de 2002 : une campagne plus de critiques que de propositions, plus de rejet que de projet. Comme si la gauche avait intériorisé, malgré les efforts de Ségolène Royal pour investir de nouveaux champs, bousculer certains tabous et être mieux en phase avec les attentes de la société, le fait de ne pouvoir être légitime qu'à partir d'un refus et non d'une adhésion. C'est avec cette disposition qu'il nous faut rompre.

Cette rupture ne se fera pas de soi. Elle va supposer des révisions courageuses et des audaces certaines dans notre doctrine, en commençant par faire l'analyse juste de la société et de la modernité, en cessant de plaquer du mécanique sur du vivant, en acceptant de construire de nouveaux instruments d'action. Trouver des réponses aux problèmes des Français plutôt que construire des compromis entre nous : c'est le fil d'or.

La gauche ne peut être seulement le parti de la défense des intérêts acquis et de l'éternelle reproduction du même schéma. Les inégalités entre générations, entre territoires, entre revenus ne sont plus les mêmes aujourd'hui qu'il y a vingt ans. Les familles ne sont plus structurées de la même façon, l'espérance de vie, le rapport à la santé, à la vie et à la mort sont bouleversés. L'école ne s'adresse plus aux mêmes publics et ne rencontre pas les mêmes difficultés : la connaissance, l'information, les loisirs, la consommation se sont transformés. Notre insertion dans l'Europe et dans le monde, les ressorts de la croissance et les formes du capitalisme, les structurations géopolitiques et les menaces environnementales ont changé en profondeur. C'est pourquoi la gauche doit accepter de penser et d'agir autrement. C'est d'une ambition intellectuelle renouvelée dont nous avons d'abord besoin.

Cela supposera que nous ayons enfin le courage de nous affranchir des oripeaux gauchistes et tribuniciens, des « fanfares d'assaut » pour parler comme Jaurès, qui nous encombrent encore. Car ce sont eux qui ont bloqué en grande partie notre capacité à formuler positivement un projet novateur et crédible.  Il y en a assez, pour une gauche qui se veut de transformation sociale et d'action, d'être toujours l'otage de ceux qui ne veulent pour rien au monde assumer l'exercice des responsabilités et qui concentrent leurs tirs essentiellement sur elle. A force de trouver la gauche pas assez à gauche, ils ont installé durablement la droite au pouvoir.

Face à la mise en spectacle permanente du nouveau pouvoir impérial, populiste et oligarchique de Nicolas Sarkozy, disons-le simplement : ce n'est pas capituler que de vouloir gouverner et agir, ce n'est pas honteux que de chercher à comprendre le monde tel qu'il est, ce n'est pas trahir que de vouloir faire tomber le mur de Berlin dans nos têtes ! C'est simplement vouloir donner au socialisme sa part, sa chance et son avenir. C'est exercer sa responsabilité. C'est se donner les moyens de la reconquête politique.

Cette exigence intellectuelle renouvelée pour penser le monde tel qu'il est doit s'assumer comme une exigence de sens et de doctrine, en articulation avec notre histoire. La gauche moderne et populaire que nous devons construire ne sera ni danoise, ni italienne, ni anglaise : elle sera française ou elle ne sera pas. La gauche française n'a pas su produire une cohérence idéologique autour de ses valeurs et de sa tradition nationale, pour la raison première qu'elle les méconnaît superbement. Et pour finir, elle s'est laissé voler jusqu'à la République, au moins dans les mots. Le travail, le mérite, l'autorité, l'ordre sont devenus, aux yeux de nos concitoyens, des valeurs de droite. On nous fait ainsi porter les affres de théories qui ne sont pas les nôtres : nous croyons au rôle de la puissance publique pour permettre que tous les individus aient leur droit et leur chance, mais nous sommes, comme le disait Jaurès, individualistes et non étatistes. La vérité est que cette tradition de la République démocratique et sociale dont nous avons besoin relève d'une amnésie au coeur de notre histoire, une blessure ouverte depuis 1 905, laissant face à face deux dogmatismes, le dogmatisme libéral et le dogmatisme (marxiste, et refoulant tout ce qui a constitué le socialisme français dans sa spécificité propre. C'est à cette amnésie que nous devons l'impossibilité d'articuler ensemble nos actes et nos discours et de vivre dans un grand écart permanent entre angélisme et cynisme. C'est pourquoi la refondation programmatique devra s'engendrer à partir d'une refondation intellectuelle, et que le long détour de la tradition sera nécessaire, une fois de plus, à l'enfantement de l'avenir. Pour mener une bataille idéologique, mieux vaut disposer d'armes et de munitions !

S'il est toujours utile d'être ferme sur les principes, sourcilleux sur les valeurs, rigoureux - dans les analyses, il est désolant et triste de s'être progressivement laissé gagner par le sectarisme : sectarisme d'appareils malthusiens et vieillissants, coupés des mouvements et de la diversité de la société, des jeunes, des intellectuels, des syndicats et des associations, des nouvelles luttes et des nouvelles solidarités; sectarisme des courants à l'intérieur des appareils, où chacun regarde l'autre avec défiance, toujours prêt à instruire un procès en trahison, en déviance, en ambition, en impureté à son voisin immédiat. Une gauche moderne et conquérante doit rompre avec le sectarisme ! Il faut ouvrir les portes et les fenêtres, il faut imaginer un processus qui transforme en profondeur le Parti socialiste et la gauche française devenus aujourd'hui des machines à produire de la division et de la défaite, il faut changer nos moeurs et apprendre à conjuguer autrement la richesse de notre pluralisme avec l'impératif de notre rassemblement et de notre efficacité.

François Mitterrand a fait le parti dont il avait besoin pour développer sa stratégie politique et préparer la victoire de 1981. C'était il y a plus de trente ans. Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy ont fait de même. Le fétichisme des statuts, qui prévaut chez nous, n'est qu'une expression de l'impuissance politique qui nous a gagnés. La vraie fidélité à l'égard des créateurs, ce n'est jamais la dévotion aux reliques, c'est la capacité de créer à son tour. C'est une des grandes faiblesses de la gauche ne n'avoir pas su unir ses familles dans une cohérence globale et d'avoir voulu sous-traiter à certains des pans entiers de la nouvelle synthèse dont nous avions besoin. L'effondrement du communisme, la reconnaissance que la préoccupation environnementale doit s'inscrire au coeur de la définition des politiques publiques parce qu'elle est constitutive de l'intérêt général, la nécessité d'opérer une reconquête républicaine comme préalable à toute reconquête sociale, l'acceptation du marché et la recherche de nouvelles solidarités, tout cela doit nous amener à transgresser les frontières d'appareils politiques qui se survivent pour des raisons qui n'ont plus lieu d'être, la défense d'intérêts électoraux particuliers et la fidélité à une histoire révolue.

C'est pourquoi, si nous voulons ouvrir un nouveau cycle politique, des assises de la gauche et des progressistes doivent être lancées avant le congrès du Parti socialiste. Les écologistes, les communistes, les démocrates, les radicaux, les citoyens, toutes celles et tous ceux qui dans les syndicats, les associations, veulent construire ensemble une nouvelle gauche française doivent s'y retrouver pour débattre ensemble des orientations qui devront être celles d'une gauche réformiste. Le congrès de refondation devra être l'aboutissement de ce processus. Si nous ne faisons pas cela, nous reproduirons les mêmes enfermements, les mêmes malentendus, et nous laisserons la gauche dans l'état où nous la trouvons aujourd'hui, divisée, fragilisée, repliée, méfiante et sans perspective réellement novatrice et mobilisatrice. Construire la nouvelle formation politique dont nous avons besoin pour mettre en mouvement la société, produire nos nouvelles fenêtres, gagner et agir dans la durée, cela fait aussi partie du cahier des charges qui doit être le nôtre pour préparer la reconquête politique.

Je sais que beaucoup de nos amis, à l'extérieur du Parti socialiste, attendent de nous un signe. Je sais aussi qu'il existe une majorité au sein du Parti socialiste pour construire cette nouvelle espérance. Une gauche qui s'assume comme gauche de gouvernement, et cesse de préférer l'impuissance et l'amertume de la défaite à la responsabilité et l'effort de l'action; une gauche qui accepte d'inscrire cette action dans le monde tel qu'il est plutôt que de sans cesse se légitimer par le refus et se construire par des négations; une gauche qui s'invente une nouvelle vie collective, d'autres moeurs, une nouvelle fraternité; une gauche qui, fidèle à ses valeurs de démocratie, de justice sociale et d'internationalisme, en produise les conditions de réalisation concrètes à partir d'une stratégie offensive et en assumant de façon plus ferme et plus vigoureuse, face à la droite, la bataille des valeurs. Voilà les conditions de la reconquête politique. Alors au travail !
 
Vincent Peillon
Par blogueursocialiste - Publié dans : Parti Socialiste&MJS - Communauté : Les blogs socialistes
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Jeudi 23 août 2007 4 23 /08 /2007 15:50
 
 
Quimper, le 22 août 2007
 
 
Chers amis,
Bienvenue à Quimper pour vos journées d’été. Nous serons heureux de vous y accueillir en participant, comme vous nous y avez amicalement, invité à votre première matinée de travail jeudi.
A lire votre programme, nous avons constaté qu’une grande partie de vos préoccupations, et c’est bien normal au lendemain d’un échec qui interroge toute la gauche, tournait autour de votre avenir. Vous allez d’ailleurs y consacrer deux plénières, l’une jeudi sur le thème «Refonder ? Dissoudre ? Réformer ? Revivifier ? Rénover ? Reconstruire ?… ensemble… » et l’autre samedi autour de «Quel parti Vert pour le XXIe siècle ? ».
Il nous a semblé utile de vous apporter notre réflexion. D’autant, que si vous pouvez ici à Quimper comme l’écrit Daniel Le Bigot dans son mot d’introduction du dossier reçu par chaque participant «espérer des municipales un score encore plus favorables à l’écologie que lors des législatives », si la gauche devait l’emporter, ce serait à l’issue de son rassemblement.
Car c’est bien la question centrale. Pourquoi ne tirons nous pas des conclusions stratégiques du fait que nous gérons ensemble la quasi-totalité des régions et des milliers de communes ? Cette unité dans les territoires est une réalité qui rend incompréhensible notre situation nationale. Au sommet, cela se chamaille alors que dans les villes l’union perdure, et dans chaque élection, l’unité se voit plébiscitée.
Cette contradiction est, à nos yeux, inexplicable car nos divergences sont devenues plus techniques que stratégiques. Reconnaissons-le, la concurrence entre nous ne relève plus d’une compétition entre lignes alternatives mais d’une discussion sur le choix des moyens à mettre en œuvre à partir d’objectifs communs : transformer la société, refuser la société de marché, promouvoir une modernité partagée.
Puisque nous avons dépassé une culture de l’identité faite de clivages, bâtissons ensemble une culture de coalition faite de compromis majoritaires librement consentis. Le temps est venu d’ouvrir un nouveau cycle à gauche : celui d’une coalition durable.
Nous ne pouvons pas rester immobiles devant l’avance stratégique que la droite a prise avec la création de l’UMP. La reconduction de nos traditionnels accords de second tour n’est plus suffisante car elle n’offre pas la même solidité et la même clarté qu’une alliance contractée devant le suffrage universel. Mais nous ne croyons pas pour autant qu’il soit pertinent de souhaiter la naissance d’un parti de toute la gauche. Une telle unité organique est d’ailleurs déjà rejetée par le PCF et vous-même revendiquez votre autonomie. Enfin le temps des alliances à la carte dont le PS serait le seul dénominateur commun est aussi derrière nous. Mais, l’histoire récente de la gauche montre bien que l’autonomie, voire l’isolement organisationnel et électoral, n’offre pas vraiment aux courants minoritaires la garantie d’une stratégie plus efficace…
Il nous faut donc inventer et pour cela combiner convergence et autonomie. Au plan national comme dans les territoires, il ne nous parait pas hors de notre portée de travailler à un « Contrat d’avenir » qui soit un socle d’engagements communs valable pour l’ensemble des élections.
La vie politique est rythmée par des élections et nous les abordons au coup par coup. Le « contrat d’avenir » que nous appelons de nos vœux nous permettrait de rapprocher en amont et une fois pour toute nos points de vue. Ainsi chaque consultation serait préparée et les déclinaisons ponctuelles de nos compromis majoritaires plus aisées à trouver.
La gauche indiquerait ainsi son unité tout en laissant à chacune de ses composantes le moyen de manifester son autonomie. Car nos formations, si elles ont des intérêts spécifiques, se retrouvent sur des préoccupations communes : réduction du chômage, recul de la précarité, amélioration du système éducatif, consolidation de la protection sociale, régulation internationale, conquête de nouveaux droits...
Nous en appelons donc à une coalition durable de la Gauche. L’esprit de coalition doit l’emporter sur les raideurs boutiquières.
Jean-Jacques Urvoas, Député PS du Finistère et Bernard Poignant député PSE
Par blogueursocialiste - Publié dans : Politique - Communauté : Unissons nous à gauche...
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Jeudi 23 août 2007 4 23 /08 /2007 01:26
Aujourd’hui je fais l’ouverture, je débauche à droite (non je blague, vous connaissez quelqu’un de sensé qui voudrait adhérer au PS en ce moment ?).
Non, je vous propose de lire la note du 21 août que Charles Sitzensthul, jeune pop du Bas-Rhin (baaaah, encore un département où j’aimerai pas vivre tiens, moins de député de gauche, doit guère y avoir que la Vendée) sur l’enlèvement du petit Enis.
(attention cette note se veut constructive)
Hier soir j’ai allumé ma télé et appris la nouvelle : Notre ministre des Affaires Étrangères était en Irak. D’abord, en bon gauchiste sectaire, j’ai pensé : « tiens, il a le droit de sortir sans son maître au bout de la laisse lui ? »
Puis en y repensant, je me suis fait la remarque que contrairement à l’histoire des infirmières bulgares, cette action diplomatique est plutôt (raaah, j’arrive pas à le dire) pas critiquable.
Le " Non" français (le bon, celui à la guerre en Irak), était normal. La guerre n’est pas toujours la pire des solutions, le Kosovo, la Bosnie l’ont démontré. Cependant, les USA croient encore, sur la base des exemples japonais et allemand de l’après-guerre que l’on peut vaincre et occuper un pays, et s’en faire ensuite un allié. Ce fut vrai pour ces deux pays, mais il ne faut pas oublié qu’il avait été préalablement détruits jusqu’au sol.
De plus, de par son histoire et sa formation, l’US Army est la plus puissante du monde, mais n’est pas très bien adaptée aux techniques de guérilla, de combat urbain, etc. Il était évident au yeux de tout les observateurs de l’époque qu’une guerre se solderait immédiatement par la victoire des USA (il n’y avait guère que le Monde2 pour titrer à l’époque : " Comme une odeur de Vietnam" , parce qu’en trois semaines les Américains n’avaient pas encore pris Bagdad). Donc avant même le début de cette guerre, on savait qu’elle n’aboutirait qu’à un échec.
Depuis 2003, la diplomatie française s’était tenue à l’écart du théâtre irakien. Chirac était " grillé" , et les relations transatlantiques ne pouvaient que rester fort fraîches durant son mandat.
Mais il était essentiel que le nouveau gouvernement, après les élections, retourne en Irak. Important, parce que les américains sont démonétisés en Irak. Trop d’images ont marquées les esprits, trop de haine se sont accumulées, trop de sang a coulé. Ils ne peuvent plus se retirer, parce que le pays s’effondrerait sans leur présence, ni créer les conditions de la paix.
Il est à la fois dans le devoir et dans l’intérêt des Européens de s’impliquer dans la crise irakienne. Certes, pour notre ego comme pour la gestion des crises à venir, l’idée d’infliger aux USA une leçon cinglante en les obligeant à quitter le pays la queue basse était disons tentante. Mais nous ne devons pas oublié que c’est dans le sang de milliers d’irakiens qu’ils recevraient cette leçon.
Nous y avons en plus intérêt, et pas qu’un peu. L’Irak est le point G de cette région : tapez là et vous déstabilisez l’ensemble. Au bord du Golfe, frontalier avec l’Iran, la Syrie et l’Arabie Saoudite, gorgé de pétrole, peuplé de 20% de kurdes farouchement indépendantistes, coupé en deux par plus de 30 ans de haine commune entre chiites et sunnites, on aurait difficilement pu imaginer pire.
Quand on sait la déstabilisation engendré par le conflit israélo-arabe ou les guerres du Liban, on peut frémir à l’idée de ce que serait un conflit irakien sans force de stabilisation extérieure, un conflit opposant les chiites soutenus par Téhéran, aux sunnites soutenus par Riyad, l’entrée de l’armée turque au kurdistant pour lutter contre les rebelles du PKK, les baassistes qui essayeraient de reprendre la main…
La solution militaire ayant échouée, reste la négociation, et pour ça les européens sont tout de même meilleurs que les états-uniens. Quel scénario envisager désormais ? Nous n’allons pas débouler, arrêter d’un geste impérieux les conflits et réconcilier ces gens qui se déchirent depuis des décennies en claquant des doigts. Un scénario à la nord-irlandaise est plus envisageable. Des négociations longues, pénibles, lentes etfréquemment interrompues sont plus à attendre. Un programme « argent contre armes » sera probablement nécessaire, et très couteux, vu le nombre d’armes entrées dans ce pays depuis 2003. Il faudra des années avant que ce pays recouvre sa stabilité dans la démocratie (en cas de coup de force, ce serait probablement plus " simple" ),
Et il nous en coûtera très cher, mais après tout nous avons gagnés beaucoup d‘argent en armant Saddam Hussein à une époque non ?

PS : je voulais faire un article sur la déclaration de Rebsamen, mais mon camarade Karim a fait, et bien mieux que moi. Donc allez lire sa note.
Par blogueursocialiste - Publié dans : Politique - Communauté : Les blogs socialistes
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Mercredi 22 août 2007 3 22 /08 /2007 00:21

Les couteaux s’aiguisent, et les factions se reforment, mais ne disparaissent pas. A moins de 2 semaines de la Rochelle, l’ambiance est au beau fixe. Il y a ceux qui veulent la peau des éléphants, la destruction de leur courants, etc, et installer Ségolène Royal à la tête du parti. Il y a ceux qui n’ont cesser de répéter qu’elle était nulle, et qui voit dans la double défaite une confirmation de leur avis. Il y a encore les partisans d’un virage à gauche toute, ceux de la centrisation, les attentistes, les sceptiques de tous poils, ceux qui veulent s’inscrire dans la rénovation du PS sans aborder la question des personnes (ce qui est d’ailleurs parfois une façon de vouloir évincer Ségolène Royal)... Une camarade fabiusienne se réjouissait de la présence des membres de la ségosphère à la Rochelle, car elle cherchait à avoir une estimation exact de la profondeur du port. Un membre de la ségosphère m’a promis que « [nous serions] exclu du parti à la victoire de Ségo », nous représentant dans son esprit tous ceux qui ne se reconnaissent pas totalement en son idole, ce qui doit faire quand même du monde. Tout va bien, tout va très très bien. 

Bref…pendant ce temps là, la conjoncture internationale se dégrade, la droite prépare la mise en service de Débauchage.2, logiciel à l’attention des aigris et des frustrés de gauche qui estiment que leur mérite n’est pas récompensé à sa juste valeur, et qui du coup trouveront leur place dans les listes UMP aux municipales, et vont donc s’en aller voir ailleurs. Pendant ce temps là, on ne fout pas grand-chose. J’ai une famille pas particulièrement PS, et à leur mines navrées quand on parle des querelles internes, j’imagine assez bien ce que doivent penser les Français de nous. Je ne le dirais pas ici pour ne pas être trop vulgaire. 

Les bisbilles internes du PS, ça fait un certains temps que ça existent, disons la rupture Rocard-Mitterrand. Mais au fil du temps, les socialistes en sont venus à se battre plus entre factions que contre la droite, à débattre plus entre eux qu’à essayer de convaincre au dehors. En réunion de section on parle plus de la dernier vacherie d’untel à l’égard d’un autre plus que de la politique nationale, et je ne parle pas de l’international, voire simplement de l’européen. En plus des rivalités entre courants, qui sont déjà pléthore et pas toujours représentatifs d’une réalité idéologique, il existe au sein des courants de solides détestations entre membres des différentes tendances. Capharnaüm épouvantable, dérisoire, en un mot, bouffon. Les socialistes sont tellement à la recherche du plus petit dénominateur commun, à tel point que l’on en entend vous affirmer qu’il déteste toujours Fabius pour le tournant de la rigueur (1983)… Et qu’il n’est sans doute pas totalement faux que certains d’entre nous aient préféré perdre que gagner avec Ségo… 

En fait, on a l’impression que le PS est comme la vieille UDF, celle de 1978-1998, confédération de partis quasi-jumeaux idéologiquement, mais en perpétuel luttes internes sur des questions de pouvoirs (pas que, je sais).

Tout cela me fait furieusement penser à une période de l’histoire : ça se passe dans l’avant dernière décennie du XVIIIeme siècle, à Versailles. Les caisses de l’État était vides depuis la Guerre d’Indépendance des USA, les mauvaises récoltes affamait le Royaume de France, mais ce qui intéressait par-dessus tout la Cour, c’était quelle serait la perruque du jour de la reine, qui enfilerait sa chemise au roi,etc. Dix ans après, il était tous enfermés, exilés ou morts. Les socialistes ne finiront pas comme ça. Ce genre de pratique n’a plus cour dans notre pays. Mais si nous continuons à nous déchirer sans un regard pour le monde extérieur, nous disparaîtrons. Le PC est mort de son immobilisme, nous pouvons en mourir aussi. De nouvelles dynamiques sont apparues dans la sphère politique. Le MoDem raflera la mise si les socialistes ne savent pas s’unir. Et le MoDem, ça n’est pas la gauche. Parce que nous sommes le derniers parti de gauche, parce que le devenir des plus démunis d’entre nous pèsent sur nos épaules. Plus qu’un devoir d’unité, les socialistes on un devoir de fraternité et de respect mutuel. 

PS : à titre de repoussoir, voilà une page, établie par un droitier et recensant les sites favorables à « un mai 68 de droite ». Ames sensibles s’abstenir…

Par blogueursocialiste - Publié dans : Parti Socialiste&MJS - Communauté : Les blogs socialistes
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Lundi 20 août 2007 1 20 /08 /2007 14:38

J’apprend que Claude Allègre quitte le Parti Socialiste. Moi qui était persuadé que c’était chose faite depuis longtemps…

Par blogueursocialiste - Publié dans : Politique
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Dimanche 19 août 2007 7 19 /08 /2007 22:08

Bêtement quand j’ai adhéré au PS, j’ai cru jamais je ne verrais un débat interne sur les droits des homosexuels. Il était pour moi entendu qu’ils avaient les mêmes droits et devoirs que l’ensemble des citoyens français, et que pour les socialistes, les inégalités existantes n’étaient qu’un archaïsme qui serait aboli dès notre retour au pouvoir. C’est effectivement la ligne officielle. On voit beaucoup de socialos dans les manifs LGBT.
Ça c’est pour la galerie, ça nous fait plaisir, c’est de gôche, bonne conscience.

Sauf que la réalité du PS, c’est aussi ça. Un communiqué des Centres Gais, Lesbiens, Bis et Trans où toute une fédération socialiste est dénoncé pour avoir tenu des propos que n’aurait pas renier un Vanneste. (A propos de Vanneste je vous conseille son blog. Ça pourrait s’appeler « de la connerie ordinaire » . Et certains propos tombent purement sous le coup de la loi. Mais ça il s‘en fout, c‘est son patron qui gouverne.) Pour en revenir à mes moutons socialistes, il semblerait que cette logorrhée homophobe ne soit pas (seulement ?) le reflet de " convictions" (je tiens aux guillemets), mais et c’est peut-être pire, celui de basses préoccupations électorales : il s’agirait de contrer la domination des autres partis de gauche de " l’Île aux Fleurs" , notamment, du MIM - Mouvement indépendantiste martiniquais - du député et président du conseil régional Alfred Marie-Jeanne ; du RDM - Rassemblement démocratique martiniquais - du sénateur et président du conseil général Claude Lise ; du PPM - Parti progressiste martiniquais - de Serge Letchimy, député, maire de Fort-de-France et président de la communauté d'agglomération du Centre de la Martinique. C’est qui d’ailleurs amusant, c’est que ledit Serge Letchimy siège parmi les apparentés socialistes à l’Assemblée…

Est-il nécessaire de préciser qu’à la demande de clarification des CGLBT, Solférino est répondu par un silence pesant ? Tout occupé à assurer une nouvelle aire de glaciation au PS, Hollande n’a de toute évidence pas jugé bon d’envoyer les auteurs de ces propos devant la commission des conflits. Non, rien du tout. Et cela n’a certainement rien à voir avec le fait que cette fédération a apporté 78% de ses voies à la motion Hollande au Congrès du Mans…je vous laisse, je vais aller vomir dans un coin…

Par blogueursocialiste - Publié dans : Parti Socialiste&MJS - Communauté : Les blogs socialistes
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